La Région veut expérimenter la gestion directe de deux lignes de desserte fine des territoires

La reprise en direct par la Région des travaux et de la gestion des lignes Montréjeau-Luchon et Alès-Bessèges devrait permettre d’accélérer leur réouverture aux voyageurs.

Pour favoriser la mobilité des habitants d’Occitanie le maillage du territoire et la transition énergétique, la Région mise sur le train : elle pousse la réouverture des lignes « Montréjeau-Luchon » pour desservir les hautes vallées du Comminges, et « Alès-Bessèges » pour relier les terres cévenoles.

Ces deux lignes, identifiées comme prioritaires par les Etats généraux du rail et de l’intermodalité (EGRIM), ont été fermées au trafic voyageurs depuis de nombreuses années par manque d’investissements de l’Etat et de SNCF Réseau. [1]

La Région saisit l’opportunité de la loi LOM

Malgré la volonté affirmée par la Région d’assumer 100% des coûts de remise à niveau, l’opérateur ferroviaire n’a pas engagé de travaux. Pour ne plus attendre, la Région a officiellement demandé en février à l’État de lui transférer la gestion des deux lignes.
Une innovation rendue possible depuis fin 2020 par un décret d’application [2] de la loi d’Orientation des Mobilités (LOM). En prenant la maîtrise d’ouvrage des travaux de remise à niveau des infrastructures et la gestion opérationnelle, la Région veut accélérer la réouverture des lignes aux voyageurs et assurer leur pérennité.

La modernisation sur de bons rails

Sous l’impulsion de la Région, la modernisation avance. La ligne de 36 kilomètres Montréjeau-Luchon, stoppée depuis novembre 2014, a fait l’objet début 2021 d’une enquête d’utilité publique liée à la suppression de 13 passages à niveau.
Après des travaux de renouvellement de la voie sur tout le parcours, la réouverture est prévue fin 2023.

Cette ligne servira de test à une grande innovation, le train à hydrogène. Dans le Gard, la ligne de 31 kilomètres Alès-Bessèges, suspendue en 2012, a fait l’objet du 8 mars au 4 avril d’une concertation publique pilotée par la Région et SNCF Réseau. Elle a abordé les horaires, les services, les pôles d’échanges multimodaux et le coût des travaux, estimés de 66 à 68 M€.
Cette ligne, dont la remise en circulation est envisagée en 2026, permettra aussi de développer le fret ferroviaire.

L’économie circulaire partie-prenante du projet

Une innovation concerne les deux lignes : les travaux de modernisation vont utiliser d’anciens rails, actuellement stockés à Luchon et Alès. Ils seront redécoupés, puis soudés et reconditionnés pour être réemployés. Un exemple original d’économie circulaire, qui réduira le coût et le bilan carbone.

Une procédure très encadrée par la Loi

Après la demande de transfert des lignes formulée par la Région, SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexions et l’Autorité de régulation des transports doivent donner leurs avis au ministre des Transports dans les deux mois. Ensuite, le ministre a deux mois pour notifier sa décision à la Région et aux opérateurs. Le transfert à la Région passera par une « convention de transfert de gestion » avec les filiales de la SNCF, qui précisera la date de démarrage et les conditions financières.

[1Autre ligne prioritaire, la « Rive droite du Rhône » fait l’objet d’une remise en service phasée, qui débutera fin 2021.

[2décret d’application 2020-1820 du 29 décembre 2020 sur le transfert des « lignes ferroviaires d’intérêt local ou régional à faible trafic »