Le réseau liO sur la voie du « verdissement »

La Région fait des autocars et des trains du réseau public de transports liO un terrain ouvert d’expérimentation des nouvelles énergies « vertes » : bioGNV, bioéthanol, hydrogène…

La Région déploie plusieurs expérimentations sur son réseau public régional de transports liO, car les transports sont l’une des clés de la transition énergétique et écologique. En cohérence avec son Pacte Vert, la Région teste plusieurs énergies alternatives dans ses autocars et ses trains du quotidien.

Des autocars au bioGNV, bioéthanol ou propulsion hydrogène

Dans le Tarn, l’Aveyron et le Gard, des lignes régulières d’autocars liO testent des carburants plus écologiques : bioGNV, bioéthanol et hydrogène. Ainsi la ligne Castres-Toulouse transporte depuis septembre 2020 les voyageurs dans des autocars Scania carburant au bioGNV (version « renouvelable » du GNV obtenue par méthanisation de déchets organiques). Ils s’alimentent à la station Gaz’up de Toulouse, fournie en biogaz par la station d’épuration de Ginestous. Le bioGNV fait aussi son apparition en Aveyron : le groupe Ruban Bleu vient d’ouvrir une station à Millau, la première dédiée aux autocars liO. Elle alimentera les autocars GNV en circulation sur les lignes Rodez-Millau, Millau-Montpellier et Albi-Millau.

Dans le Gard, le marc de raisin sert de base au bioéthanol ED95 utilisé par l’autocar d’Eole Mobilité assurant depuis avril 2019 la liaison liO Vauvert-Vergèze. Le bioéthanol permet de réduire de près de 90 % les émissions de gaz à effet de serre, de 50% d’oxyde d’azote et de 70 % les particules fines par rapport au diesel fossile. D’autant plus intéressant que le marc de raisin est produit à… Vauvert par la distillerie UDM des Costières. L’autocar Scania de la ligne 137 transporte jusqu’à 200 voyageurs quotidiens.

Enfin, la Région engage avec l’industriel Safra d’Albi l’évaluation depuis avril de la pertinence des autocars à propulsion hydrogène. La Région mobilise 4 M€ sur cette opération pour laquelle Safra développe une solution technique de « rétrofit » sur des autocars à motorisation thermique. Elle sera mise en oeuvre sur 15 véhicules de la Société publique locale « D’un point à l’autre », en charge des lignes régulières liO du Tarn. Cette innovation fait partie du projet « Corridor H² » de 8 stations de distribution d’hydrogène et de véhicules lourds à hydrogène, pour lequel la Région a signé fin 2020 un contrat de financement de 40 M€ avec la Banque Européenne d’Investissement.

Des trains hybrides, à batteries ou à hydrogène

Coté ferroviaire, la Région a engagé parallèlement les expérimentations des trains hybrides, à batteries et à hydrogène, ce qui la place comme une Région française pionnière sur le sujet.

Le train hybride est bâti sur une rame « Régiolis bimode » d’Alstom. Son autonomie est sans limite grâce à une alimentation électrique par caténaire, des moteurs thermiques et l’énergie stockée dans des batteries rechargeables (deux des quatre moteurs diesel sont remplacés par des batteries lithium-ion de grande capacité). Il promet une réduction de 20 % de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre, de 30 à 50 % des coûts de maintenance des moteurs diesel. Le premier essai de circulation devrait avoir lieu fin 2021 en Occitanie.

Le train à batteries*, lui, repose sur la transformation d’une rame AGC bimode de Bombardier. Permettant de « sortir » du diesel, le train à batteries cumule deux sources d’énergie : l’alimentation électrique par caténaire et des batteries au lithium (chargées sous caténaire, en gare ou lors du freinage) remplaçant les deux moteurs diesel. Hors caténaire, l’autonomie des batteries , à ce jour en phase de développement, va jusqu’à 80 kilomètres. Cette solution « zéro émission locale » permet jusqu’à 20% d’économies d’énergie. Après des essais de validation en 2022, le train à batteries devrait circuler en Occitanie en 2023, sur la ligne Nîmes-Le Grau du Roi, l’une des lignes à 1 € du réseau liO.

Enfin, la Région pilote l’innovation du train à hydrogène, l’une des actions-phares du « Plan Hydrogène vert » régional de 150 M€. L’expérimentation implique trois rames Régiolis bi-mode électrique-hydrogène, une opération financée à 42 M€ par la Région. C’est dans le centre de compétence global hydrogène de Tarbes qu’Alstom a développé la chaîne de traction du train à hydrogène. En Occitanie, le train à hydrogène débutera sa circulation entre Toulouse, Montréjeau et Luchon, l’une des lignes prioritaires que la Région veut rouvrir à l’horizon 2023 après sa rénovation intégrale.

Des vélos à hydrogène à la Région

La Région Occitanie, se voulant exemplaire dans sa stratégie de décarbonisation des mobilités, souhaite limiter l’empreinte carbone des déplacements professionnels de ses agents. Pour ce faire, elle a chargé la société Atawey d’implanter deux stations de recharge hydrogène sur les sites de l’Hôtel de Région à Toulouse et Montpellier pour alimenter des vélos hydrogènes à assistance électrique.